On y est, Dany Boon a détrôné Gérard Oury avec 17,4 millions d'entrées au dimanche 6 avril pour Bienvenue chez les Ch'tis, contre les 17,2 millions en fin de carrière de La grande vadrouille...
Après une 5e semaine à plus de 1,3 millions d'entrées (portant le cumul mercredi dernier à 16,7 millions), les Ch'tis de Dany continuent leur marche conquérante vers les 20,8 millions du Titanic de James Cameron.
Sincèrement, avec une 6e semaine à déjà plus de 700 000 entrées au compteur (et qui peut facilement atteindre le million d'ici mardi), on ne voit pas qu'est-ce qui pourrait les en empêcher !
Peut-être même que ces Ch'tis-là vont dépasser le gros paquebot : 1 millions d'entrées en plus cette semaine, quelques 800 000 entrées (soit une perte de 20 % environ, à la louche) la semaine prochaine, et un petit rebond avec les vacances (car ce ne sont pas les succès "dans la norme" de Disco ou Les randonneurs à St Tropez qui vont faire peur à Dany, ni le timide mais pourtant si attachant Horton) ont de grandes chances d'amener le film dans les eaux calmes des 21 voire 22 millions d'entrées. Historique.
Chez nous, avec l'avant-première exceptionnelle et les 2 diffusions, notre compteur dépasse maintenant les 1500 entrées. Notre seul regret sera de ne pas avoir pu vous proposer le film sur une semaine entière début mars ; la faute aux attributions de copies qui ont tendance à délaisser un peu trop les petits cinémas...
07 avril 2008
Ch'est po du brun !
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24 février 2008
La mobilisation relayée lors des César...
A la remise du 2e César d'Honneur de sa carrière, Jeanne Moreau a pris la parole afin d'affirmer son inquiétude à l'égard de "mesures gouvernementales qui risquent d'affaiblir" le cinéma français.
La comédienne qui fêtait récemment ses 60 ans de carrière s'est fait l'écho de l'ensemble des festivals, cinémas de proximité, cinémas indépendants, ... en présentant les principaux points de la mobilisation en cours.
Baisses des subventions, attaques de la part de grands groupes privés, remise en cause de l'exception culturelle, frein à la créativité d'un art et d'une industrie que la France elle-même a mis sur pieds.
Mathieu Amalric, lauréat du César du Meilleur Acteur pour son rôle dans Le Scaphandre et le Papillon de Julian Schnabel, s'est manifesté au lendemain de la cérémonie pour protester contre la "censure" de laquelle il a été victime.
Ce dernier, absent pour cause de tournage, avait confié un texte à Antoine De Caunes, à lire au cas où il remporterait la distinction. Le cas échéant, quelle ne fut pas sa surprise en voyant que De Caune avait squizé la moitié de son message... Il a envoyé un mail aux Cahiers du Cinéma et à l'AFP avec, en pièce jointe, l'intégralité de son texte.
De Panama je t’envoie le texte que j’avais envoyé au dernier moment aux Césars au cas où. Et comme le cas où est arrivé, il a été lu, paraît-il très bien, par De Caunes mais.... pas jusqu’au bout.Je n’en reviens pas. Je ne savais pas que c’était si simple que ça, la censure.
— -
Antoine, tu le lis avec hésitation et bafouillements
Oui bon ben... euh... alors là on frôle le n’importe quoi :
Lindon ; trois fois nommé, zéro compression
Darroussin ; deux fois... nada
Michel ; quatre fois comme acteur... résultat blancEt le pompon, Jean Pierre Marielle. Sept fois nommé !!! Et jamais la fève, même pas pour les Galettes.
Chapeau ! ... De Panama, d’où je vous fait un vrai faux-Bon...D.
L’autre vilain de Lonsdale aussi il paraît.
Enfin, mouais, mais... non ce qui fait plaisir, c’est que le Scaphandre, c’est bien la preuve qu’un acteur n’existe qu’à travers, qu’en regard de ses partenaires. Parce que qui voit-on à l’image, qui fait prendre vie au Jean-Do de fiction ?
C’est Chesnais, c’est Ecoffey, Arestrup, Watkins. Ce sont Marie-José, Olatz, Consigny penchées vers lui, vers moi, vers vous, tendres, drôles et attentives. C’est Marina en Vierge Marie, c’est Emmanuelle Seigner qui joue pas la Sainte et qui du coup donne corps, chair et souffrance à Bauby. Ta fille aussi, Emma qui carrément provoque le miracle. Et c’était Jean-Pierre Cassel, doublement.
Le Papillon c’est la preuve que, quand il y a un réalisateur, les techniciens sont des roseaux pensants. Que tout se mélange, que sur un plateau tout est dans tout, qu’on peut être, (ce joli mot), une équipe PAS technique... parce que franchement qui c’est l’Acteur quand c’est Berto, le caméraman qui fait, qui EST le regard. C’est LUI qui, par les mouvements de sa caméra crée les mouvements de la pensée de Jean-Do.
Oui, quand il y a un réalisateur... Julian.
Je pense fort à une autre équipe. Celle, médicale, de l’Hôpital Maritime de Berck-sur-Mer où on a tourné et où Bauby a passé un an et demi. Le vrai et le faux, la réalité et la fiction... on ne savait plus. D’ailleurs c’est drôle, je me souviens. Le décor de la chambre, pour avoir plus d’espace, était reconstituée dans une grande salle au rez de chaussée de l’Hôpital, la salle des fêtes. Avec au dessus de la porte, une enseigne en grosses lettres rouges : CINEMA.
Ça ne s’invente pas.
ET LÀ DE CAUNES S’ARRÊTEMais la salle de cinéma. Oui, la SALLE de cinéma, elle, doit pouvoir continuer à s’inventer.
"A lire à la lumière. Et à diriger sur notre nuit" Notre musique.
Insupportable "trompe l’œil" des multiplexes. Les chiffres comme seule ligne d’horizon. Aveuglement, brouillage, gavage, lavage. Et quelle solitude. Vous avez déjà parlé à quelqu’un dans un multiplexe ? Pas moi. D’ailleurs c’est impossible, ce qui compte c’est le flux. "Circulez s’il vous plaît, y’a rien à voir" . Au suivant ! bande de Brel.
Alors que le travail souterrain, patient, divers, dédié au public, aux écoles, aux rencontres que font et on envie de faire tellement d’exploitants de salle se voit de plus en plus nié aujourd’hui.
La Question humaine n’aurait par exemple jamais fait autant d’entrées sans le travail de curiosité des exploitants de province et de l’ACRIF.
Ce tissu de salles, que le monde entier nous envie, est notre cœur, nos poumons.
Sinon...
Sinon on va tous finir devant nos "home cinéma" à se tripoter la nouille...
Bons baisers de Panama...
Mathieu
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13 février 2008
[Edito] Non, ce titre français n'est pas très très bon !
Stop !!! C'est de pire en pire : le titrage français des films étrangers que l'on savait déjà peu gaillard, décline de plus en plus... Non contents de déraper sur le respect de la propriété intellectuelle de l'auteur original, nos distributeurs affublent les œuvres de patronymes souvent longs et bien mal équilibrés...
Pour preuves 2 perles prises dans l'actualité ciné que sont les traductions de NO COUNTRY FOR OLD MEN des frères Coen (NON, CE PAYS N'EST PAS POUR LE VIEIL HOMME - on notera que le titre original a été maintenu sur l'affiche française, suivi de cette horreur lourde et mal accordée) et celle de BE KIND, REWIND de Michel Gondry (SOYEZ SYMPA, REMBOBINEZ - on remplace une expression régulière des videoclubs US par sa traduction pure et simple : est-il encore nécessaire de rappeler que traduire mot-à-mot une expression étrangère donne en général un résultat pauvre et lourdingue ? Traduisez donc "It's raining cats and dogs").
Que se passe-t-il donc dans la tête de nos distributeurs-importateurs lorsqu'un titre pareil sort de leur besace ? Il est vrai que les français sont réputés pour leur réticence aux langues étrangères, mais n'oublions pas que le cinéma reste avant tout un art, au même titre que la musique (il ne vous viendrait pas à l'idée de renommer le célèbre tube de George Benson "Give me the night" par "Donne-moi la nuit" ?), la photographie ou le théâtre, et que le titre des œuvres reste, d'une part, le choix de leurs auteurs, et d'autre, indissociable de l'œuvre elle-même (en théorie).
Citons le titre de l'avant-dernier film de Mike Nichols, CLOSER, rebaptisé juste avant sa sortie ENTRE ADULTES CONSENTANTS, puis finalement (de la même façon que NO COUNTRY FOR OLD MEN) conservé sur l'affiche : certes, ce titre français n'était pas déplorable, mais CLOSER veut littéralement dire "plus près" (au sens de la proximité humaine, et dans le contexte, amoureuse et/ou sexuelle) et adoptait une dimension plus suggestive que démonstrative, au même instant où ENTRE ADULTES CONSENTANT sous-entendait l'argument "on est des adultes, on fait c'qu'on veut avec nos p'tits corps". Moins fin...
Citons dans des registres différents MEIN FÜHRER (à venir) qui deviendra MON FÜHRER (quel intérêt ?), THE NIGHTMARE BEFORE CHRISTMAS (mot-à-mot "Le cauchemar d'avant Noël") qui devient L'ÉTRANGE NOËL DE MONSIEUR JACK, DEATH PROOF qui se change en BOULEVARD DE LA MORT, ...
Devant la déferlante de sorties, de noms et de thèmes adjacents, ne serait-il pas dans l'intérêt des promoteurs de films que de préserver une certaine originalité dans le titre des œuvres, qui reste la principale accroche pour le spectateur ? Sinon de conserver le titre original...
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05 février 2008
Appel à la mobilisation des cinémas
De manière tout-à-fait exceptionnelle, le CinéRex fermera ses portes le vendredi 22 janvier, jour de la remises des Césars du Cinéma français.
Nous participons à une soirée nationale de mobilisation qui vise à dénoncer le désengagement progressif de l'Etat en matière d'action culturelle cinématographique.
LES FAITS
Vendredi 11 janvier 2008, au cinéma Saint-André-des-Arts à Paris, de très nombreuses structures professionnelles, associations, réalisateurs, acteurs, enseignants... étaient mobilisés pour demander aux pouvoirs publics le maintien des crédits des Directions Régionales des Affaires Culturelles destinés à l’action culturelle cinématographique. Christine Albanel, Ministre de la Culture, a assuré ces structures du maintien de l’enveloppe de 5 millions d’euros correspondant aux crédits “cinéma”. Mais l’ensemble des actions suscitées est financé également par d’autres lignes administratives (transmission des savoirs, pratique artistique, patrimoine, ...) qui sont soumises à de fortes baisses annoncées.
La proposition de l’enveloppe CNC attribuée à l’Agence pour le Développement Régionale du Cinéma pour le tirage des copies destinées à la petite exploitation est en baisse très significative, passant de 1750 à 1600 copies pour l’année.
Depuis quelques mois, plusieurs grands opérateurs de l’exploitation mènent une campagne juridique et médiatique à l’encontre de projets de cinéma à dominante culturelle, à l’initiative de cinémas municipaux ou privés. Le motif de ces attaques est celui de la concurrence déloyale. Ce discours discriminatoire à l’encontre d’une grande partie de l’exploitation est aujourd’hui abondamment relayé par la presse professionnelle ainsi que par la Fédération Nationale des Cinémas Français.
La mise en place de la diffusion numérique est imminente. Certaines modèles économiques proposés pénalisent la petite exploitation. Dans ce contexte de mutation, la solidarité entre tous les acteurs est indispensable.
LES PRINCIPES
Avec une production annuelle de 200 films, un parc de cinémas de plus de 2000 établissements répartis sur tout le territoire, et une fréquentation annuelle supérieure à 170 millions d'entrées, le cinéma français est perçu comme un modèle pour nos voisins européens.
Ce modèle repose sur quatre principes essentiels.
Le principe de l'exception culturelle qui légitime l'intervention des pouvoirs publics à tous les niveaux de la chaîne du cinéma, de la production à la diffusion.
Le principe de la solidarité entre tous les acteurs du secteur, à travers le système du fond de soutien à l'industrie cinématographique.
Le principe de la défense du cinéma comme outil culturel d'aménagement du territoire et de cohésion sociale, illustrée notamment par l'action de l'Agence pour le développement régional du cinéma (l'ADRC) et qui légitime l'action des collectivités territoriales.
Enfin le principe de l'éducation au cinéma et de la recherche de nouveaux talents.
UNE MOBILISATION ?
Face à ces principes fondamentaux, on tend à opposer celui de la libre concurrence. Au nom de la libre concurrence, on peut remettre en cause l’accès aux films des cinémas aidés, favoriser les multiplexes par rapport aux cinémas plus modestes vu leur capacité d'accueil, légitimer l'utilisation des cartes illimitées (qui font baisser de façon drastique le prix moyen du billet et donc l'argent rétribué aux ayant-droits ainsi que l'apport au fond de soutien) en négligeant les politiques tarifaires des salles de proximité qui visent à satisfaire à la fois le spectateur, le créateur et les intermédiaires (distributeur, producteur, ...), etc.
LES OBJECTIFS
Il s’agit d’alerter à la fois les pouvoirs publics, les élus locaux, la presse, le public et l’ensemble de la profession cinéma sur la nécessité de préserver les aides à l’action culturelle cinématographique tout en défendant les principes d’une politique volontariste pour le cinéma basée sur l’exception culturelle et l’aménagement du territoire.
Le développement culturel du cinéma en France est un pari politique avant tout, qui se doit d'être soutenu sinon promu par les collectivités locales (Mairies, Communautés de Communes en priorité).
Pour tout complément d’information
http://cinema-diversite-culturelle.blogspot.com/
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13 janvier 2008
Deux coups de coeur chez Fox Searchlight !
Jeudi dernier avait lieu à Bordeaux la journée Fox Searchlight (le label "auteur" de la 20th Century Fox qui nous a déjà ravis les yeux et les oreilles avec SIDEWAYS et LITTLE MISS SUNSHINE) durant laquelle nous ont été présentés 2 excellents films à venir dans le courant de l'hiver...
Le premier : JUNO réalisé par Jason Reitman (THANK YOU FOR SMOKING) et écrit par Diablo Cody.
Juno, 16 ans, n'est pas une fille comme les autres. Amatrice de vieux rock et de films d'horreur, elle décide un soir de coucher avec son partenaire de travaux pratiques... Lorsqu'elle apprend qu'elle est enceinte de ce dernier, démarre un parcours du combattant auquel elle n'avait pas songé. Effrayée à l'idée d'avorter, elle doit d'abord annoncer la nouvelle à son père, trouver des parents adoptifs, gérer les relations avec Paulie, le vrai père, ... Le tout en continuant à aller au lycée...
Une comédie attachante, très finement menée et impeccablement jouée en salles à partir du 6 février.
Pour voir la bande-annonce (en VO of course) c'est ici !
Le second : THE DARJEELING LIMITED (A BORD DU DARJEELING LIMITED) réalisé par Wes Anderson (LA FAMILLE TENNENBAUM, LA VIE AQUATIQUE) et écrit par lui-même, Roman Coppola (CQ) et Jason Schwartzman.
Trois frères séparés depuis l'enterrement de leur père un an plus tôt se retrouvent en Inde par l'entremise de l'un deux, tout juste sorti d'un très grave accident de la route, afin de réaliser un "voyage spirituel" et en option, retrouver leur mère...
Un film génial, pas d'autre mot, introduit par le très bon court-métrage HOTEL CHEVALIER (qui met en scène la rupture amoureuse d'un des trois frères dans un grand hotel parisien). Dans le pur style Wes Anderson, toutefois moins décalé que LA VIE AQUATIQUE, servi par des acteurs au top et une bande originale comme toujours efficace. Un film qui fait du bien, à partir du 19 mars dans les salles.
La bande-annonce (en VO non sous-titrée... le distributeur n'a pas encore mis en ligne d'autres versions) :
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12 janvier 2008
Des chiffres en hausse !
Le Ciné Rex comptabilise en 2007 une nouvelle hausse de fréquentation en atteignant le chiffre de 13 799 entrées, soit une augmentation d'environ 5 % par rapport à 2006 et ses 13 146 entrées, et le meilleur score réalisé sur les 10 dernières années.
Nous inversons donc la tendance nationale puisque la fréquentation des salles françaises a subi cette année un recul d'environ 5,5 % par rapport à 2006, selon les dernières estimations du CNC.
En cause principalement les nombreux échecs ou carrières en demi-teinte depuis la rentrée de septembre, pour des films qui laissaient présager de bien meilleurs scores : MR. BROOKS, L'ENNEMI INTIME, SA MAJESTE MINOR, MICHAEL CLAYTON, ... un flot de flops en tous genres pour des films qui sont restés dans l'ombre la plus totale (KING OF CALIFORNIA, WAITRESS, ...) et quelques trop rares succès comme LE COEUR DES HOMMES 2 ou UN SECRET.
Les salles évitent toutefois la casse grâce à 3 films de cette fin d'année : A LA CROISEE DES MONDES - LA BOUSSOLE D'OR, JE SUIS UNE LEGENDE et l'inattendu IL ETAIT UNE FOIS, suivis de près par LE RENARD ET L'ENFANT, seul succès français des fêtes.
L'augmentation régulière du nombre d'entrées depuis 2004 nous prouve que le Cinéma retrouve petit à petit une place importante en Réolais, d'autant plus que nous avons stabilisé le nombre de nos séances par rapport à l'année dernière : le public est donc plus fédéré autour de la programmation de son cinéma.
Quelques chiffres supplémentaires :
- Fréquentations : 11 613 en 2004, 11 738 en 2005, 13 146 en 2006, 13 799 en 2007 ;
- Pourcentages de variation de la fréquentation : + 1 % entre 2004 et 2005, + 12 % entre 2005 et 2006 et + 5 % entre 2006 et 2007 ;
- Pourcentage de variation de la fréquentation de 2004 à 2007 : + 19 %.
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02 janvier 2008
La crise (suite)
Comme le dit François Aymé, directeur du Cinéma Jean Eustache de Pessac, dans sa lettre-droit de réponse aux écrits d'Utopia l'exploitation cinématographique française est de moins en moins rentable...
Nous l'avions bien remarqué ! Le Ciné Rex réalisait en moyenne 12 000 entrées annuelles dans les années 90 avec 3 ou 4 séances hebdomadaires (exclusivement le week-end) sur un seul film souvent sorti en salles depuis plus de 4 semaines. Depuis la rénovation et la réouverture en 2002, le chiffre annuel de fréquentation est sensiblement le même : entre 11 000 et 12 000 entrées de 2003 à 2005, environ 13 500 en 2006 et 2007, mais moyennant 8 à 10 séances hebdomadaires sur 2 à 4 films, dont un dépassant rarement la 4ème semaine d'exploitation... Si on fait la proportion, on arrive à une perte de rentabilité d'environ 65 % depuis 2000 !!!
A plus grande échelle, certes la fréquentation actuelle dépasse régulièrement les chiffre d'il y a 10 ans, mais le parc de salles n'est toutefois pas le même (une grosse centaine de multiplexes en plus, notamment). Nul besoin de préciser les données d'aujourd'hui, toutes présentes dans les articles liés du premier paragraphe.
Quel est donc l'objet de cette guerre qui fait rage ??? Les salles de proximité tout simplement, qui menacent de faire de l'ombre aux grands indépendants. Sic. UGC et MK2 attaquent le projet Mélies de Montreuil (extension d'un cinéma de proximité), Utopia Bordeaux remet en question les aides publiques perçues par le Jean Eustache à Pessac, Pessac rétorque invoquant le principe de mixité sociale, ... Comment s'y retrouver, qui a raison, qui a tort ?
Non seulement les cinémas de proximité sont aujourd'hui d'une rentabilité à faire pâlir un tic-tac menthe, mais en plus ils seraient de simples pompes à fric du contribuable, infoutues de choisir leurs lignes de conduite et piochant leur contenu là où l'air est le plus respirable. C'est sûr que, présenté comme ça, ça tâche.
Et le spectateur dans tout ça ? Comme il est dit à juste titre dans le blog d'Utopia : il va là où les films qu'il désire voir sont joués, au moment et au(x) prix où il désire en profiter. Là où se trouve, en d'autres termes, le cinéma qu'il aime.
Même si Utopia nuance (bien justement) ses propos, dans la caricature les cinémas de proximité (publiquement soutenus) entreraient dans un processus beaucoup plus légitime en s'alliant à ses propres lignes de programmation : Art&Essai en force, VO uniquement, 0% commercial.
Dès lors, UGC devrait s'aligner lui-aussi en abandonnant l'exploitation des films Art&Essai dans ses multiplexes.
Résultat : un parc de salles de proximité toutes typées Art&Essai, et des multiplexes "tout commercial-tout ludique" uniquement en métropole. Lorsqu'on voudra découvrir le nouveau David Lynch, on pourra courrir dans son ciné local, mais lorsque Les Bronzés 4 sortira, il ne restera pas d'autre choix que de programmer une escapade à Bordeaux, Libourne, La Teste, ...
Que l'on apprécie ou non l'un ou l'autre des genres, cette solution ne peut satisfaire personne.
L'idée n'étant pas du tout d'encenser ou de taper sur Utopia ou notre collègue de travail le Jean Eustache, qui font partie comme nous des défenseurs (plus ou moins libres) d'un cinéma de qualité, nous préférons nous attarder sur la constatation.
UGC, créateur de la carte illimitée qui causa, cause et causera encore bien des remous dans les sphères du cinéma hexagonal, s'enorgueilli de proposer à son public en complément de sa programmation VIP une sélection de films Art&Essai (qui passent par conséquent sous le nez d'Utopia). Utopia avec sa programmation 100% A&E totalise des chiffres très corrects, défend bec et ongle le cinéma d'auteur, alternatif et de qualité, perçoit de la part de la commission A&E du CNC une aide sélective record (68 000 €), a obtenu (des pouvoirs publics) l'exonération d'une partie de ses taxes professionnelles. Le Jean Eustache propose une programmation à la louche 2/3 Art&Essai 1/3 grand public, dispose d'importantes subventions publiques de part son statut (associatif) sa situation géographique (CUB) et sa politique culturelle (nombreux dispositifs d'éducation à l'image et au cinéma, centre névralgique du réseau des cinémas de proximité en Gironde, nombreuses animations pour tous les publics), est rattaché directement à la ville de Pessac, dispose grâce à son poids en fréquentation d'un choix de films récents très confortable. Les autres cinémas de proximité de la Gironde s'efforcent de proposer une programmation qui s'adapte avant tout aux goûts des spectateurs concernés, perçoivent des subventions souvent toutes modérées de la part des collectivités (qui ont d'autres points dans leurs lignes budgétaires "culture" déjà bien minces), dépendent pour la plupart du catalogue de films proposé par leurs programmateurs (dépendant eux-aussi du bon-vouloir des distributeurs d'éparpiller leurs copies hors-métropole) avec de plus en plus de problèmes d'accès aux copies (sorties nationales quasi inexistantes, films Art&Essai déjà exploités), galèrent à travailler dans un milieu toujours plus ingrat et ultra-professionnel avec des mi-temps, des contrats aidés et souvent des bénévoles (votre serviteur), et un milieu qui donne de moins en moins la chance aux petites salles qui malgré le nombre réduit de séances hebdomadaire possible peuvent tout-à-fait engendrer des résultats honorables s'ils ont les moyens d'appliquer la politique de programmation et d'animation qu'ils jugent la meilleure.
Que l'on ne se trompe pas de valeurs... Ce n'est ni le privé contre le public, ni le commercial contre le culturel, mais la juxtaposition dans un système diversifié d'accès à la culture cinématographique de 3 concepts d'exploitation différents : celui où on retrouve le billet au centre de l'échiquier, celui où est placé le film en étendard, et celui où le spectateur dispose de l'espace.
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16 novembre 2007
L'AFCAE tire la sonnette d'alarme...
Patrick Brouiller, président de l'AFCAE (Association Française des Cinémas d'Art et d'Essai) évoque dans son éditorial du "Courrier Art&Essai" (réservé aux exploitants) d'octobre 2007 une nouvelle bataille du combat qui fait illégitimement rage entre la grande exploitation (multiplexes) et les salles moyennes et Art&Essai. Dans une volonté d'ouvrir le débat aux spectateurs et partager cette information importante (en espérant que M. Brouiller ne nous en voudra pas !) voici ce texte dans son intégralité :"C'est une évidence : les salles indépendantes traversent actuellement de sérieuses zones de turbulences, car elles sont l'objet de violentes attaques d'un circuit de la grande exploitation, dont le seul but est de légitimer certaines pratiques économiques et financières.
Le scénario est clair. Premier temps, les agréments sur les nouvelles cartes UGC illimitées accordées fin juillet ont permis à leur promoteur à la fois d'étendre leur champ, d'augmenter le prix de la carte sans réévaluation du prix moyen rétrocédé aux ayants droits*, et en plus de modifier le paysage du marché parisien ! Deuxième temps, les réactions commerciales ne se font pas attendre chez les principaux concurrents ; les publicités vantant l'attractivité de telle ou telle formule illimitée occupent ainsi les pleines pages des quotidiens nationaux et régionaux ou les bâches des façades de cinémas, normalement réservées aux films.
Cette démarche va de pair avec une opiniâtreté sans précédent pour éradiquer la moindre concurrence : procès d'intention à l'encontre des salles "subventionnées"** qui pratiquerait une concurrence déloyale en n'exposant pas les films de la même manière qu'un circuit et en ne pratiquant pas les mêmes tarifs, recours en justice intentés par UGC, remettant en cause les subventions sélectives** pour travaux de rénovation ou d'extension de deux projets Art & Essai. Certains des cinémas visés, délaissés pourtant il y a quelques années par les circuits car jugés non rentables, représenteraient brusquement un danger ! La logique de ces invocations du respect de la concurrence, si elle n'est pas neuve, s'affiche aujourd'hui clairement et violemment : elle consiste à ne laisser aux salles dites "subventionnées" que les films déjà exploités auparavant dans un circuit, ou les films d'une très grande fragilité économique. Et les pressions qu'exercent certains pour rendre difficile aux salles Art & Essai, voire impossible, l'accès aux films, deviennent des pratiques courantes, particulièrement violentes dans certaines villes.
Les salles indépendantes parviennent encore cependant, par un travail d'orfèvre volontaire et passionné, à afficher des résultats tout à fait honorables, mais pour combien de temps ?
Or l'ensemble de la filière cinématographique souhaite éviter de se retrouver en face de deux ou trois circuits en situation d'oligopole. Car pour l'aménagement culturel du territoire comme pour la défense de la création dans sa diversité, il est essentiel de préserver de la seule logique des groupes ce formidable tissu de lieux si différents, si vivants, et parfois si fragiles ; ces lieux qui sont la preuve de la pertinence et de la constance de la politique culturelle menée par les pouvoirs publics pendant des décennies. Tous s'accordent sur son intérêt vital pour la diversité des publics et de la création. Cette diversité, prônée par tous, doit rester le fer de lance de la spécifité française.
Notre mouvement demande aux pouvoirs publics des signes forts et lisibles de cette volonté de maintenir la diversité et l'indépendance. L'AFCAE sera extrêmement vigilante pour que cela se traduise par des mesures concrètes à l'encontre des pratiques professionnelles de certains."
(*) en temps normal, les bénéfices de la vente d'un billet de cinéma se répartissent comme suit : 50% pour le distributeur, 20% de charges et de taxes, 30% pour l'exploitant. Lorsque ce tarif n'est pas fixe, par exemple par l'utilisation d'un carte illimitée, un sérieux problème de rétribution se pose.
(**) le CNC accorde chaque année une prime aux salles à programmation Art&Essai (qui sert généralement à combler la perte engendrée par l'exploitation de ces films économiquement instables) : une récompense pour la prise de risque en gros - d'autre part la TSA (Taxe Spéciale Additionnelle) prélevée sur les ventes de billets de cinémas, DVD, etc. alimente une sorte de "pot commun de l'audiovisuel" qui peut servir à "subventionner" des travaux d'aménagement de salles, d'achat de matériel, etc.
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08 août 2007
"Improbables rencontres" bientôt en DVD !

IMPROBABLES RENCONTRES
La première production de L'Ecran Réolais
www.myspace.com/improbablesrencontres
Bientôt disponible en DVD !
Projections spéciales prévues au Cinéma Rex : la première aura lieu samedi 11 août à 21h, en première partie du film LES SIMPSON.
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02 août 2007
Le ciné au "Tempo"
L'article écrit pour le magazine de la Ville de La Réole de juillet 2007, Tempo, dans sa version exacte et intégrale :Vous êtes installé(e) confortablement dans votre fauteuil, la lumière de la salle s'éteint, l'écran s'illumine : des images s'animent en cinémascope et le Dolby retentit... vous assistez alors au premier spectacle choisi par les Français : le CINEMA ! (56% des Français y vont au moins une fois par an)
La Réole est bien placée, côté ciné : « Depuis les années 50, il y a toujours eu (au moins) un cinéma à La Réole, et c'est bien pour maintenir cette position culturelle forte que l'association L'Ecran Réolais a été créée en 1989 et a permis la survie du Cinéma Rex ! »
Après s'être refait une beauté en 2001 pour le plus grand plaisir des spectateurs – écran large, salle entièrement rénovée, son Dolby Digital, fauteuils confortables, ... – l'équipe de L'Ecran Réolais a donné un coup de fouet à l'activité : le Rex est maintenant ouvert 6 jours sur 7, met en place au moins 8 séances par semaine sur 2 à 4 films différents et s'efforce de proposer au public une programmation variée et attractive faite d'oeuvres grand public sorties très récemment, d'une part de films jeune public et d'une sélection de films d'auteurs, classés Art&Essai.
Les animations proposées : Une bonne dose de « Ciné-Goûter », formule favorite du jeune public, avec un film suivi d'un goûter offert par le ciné (le tout parfois précédé d'un spectacle !). Une pincée de « Ciné-Débats », rendus célèbres avec l'opération départementale « Clins d'Oeil Cinéma », ajoutez à cela le « Ciné de Quartier » dont le but est de vous faire découvrir des oeuvres passées inaperçues dans le flot des sorties, puis un soupçon de « Café-Ciné » dans l'été : un film, un café et ça discute, et enfin, y intégrer exceptionnellement une touche de « Ciné-Concerts », un film mis en musique en direct, et vous obtenez la recette d'un cinéma de proximité d'utilité publique !
D'une équipe 100% bénévole des débuts, le cinéma a commencé dans les années 90 son processus de professionnalisation en salariant les projectionnistes.
Aujourd'hui, face à la concurrence des multiplexes, la pression des distributeurs, la charge de travail pour assurer le bon fonctionnement de l'établissement, en mettant en parallèle la diminution du nombre de membres actifs, une professionnalisation au sein de l'équipe s'impose, la aussi, pour la survie du Rex, pour aller de l'avant, et faire du cinéma réolais un lieu de toutes les images – éducation à l'image, projections spéciales, lieu de création et lieu de connaissance du cinéma.
Votre ciné a des projets ! Pour le soutenir ? Rien de plus simple : venez profiter de sa programmation ! Venez nous rejoindre !
Le monde de la cinématographie est en perpétuelle évolution et un cinéma de proximité comme le Rex se doit d'évoluer dans le même sens, épouser les nouvelles prouesses techniques et culturelles, en partenariat avec les collectivités, être toujours plus proche de son public, dans un seul objectif : offrir le meilleur du cinéma, pour tous les âges et tous les goûts !
Cathy Géry & Jérôme Mascotto
Coprésidents de L'Ecran Réolais
Par
Le Web de L'Ecran
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